fantomas-en-cavale:

bartleby-company:

Arthur Cravan (1887-1918(…) the “citizen of twenty countries”

Un soir de solitude, un soir de pauvreté,
Où l’ennui, votre chien, à vos genoux s’allonge,
Tandis que le remords solitairement ronge
Votre coeur, ver qui ronge un fruit déjà goûté.
La nuit venait au paysage inconsolé,
Brumeusement confuse ainsi qu’aux yeux un songe,
Et son voile à la vitre effaçait tout mensonge.
C’était un soir d’octobre au visage voilé.
Chantonnant sur le vent, l’aïeule de l’automne,
Filait à son rouet l’averse monotone,
Tissant un ciel pensif et d’un gris endormi.
Sur la vie au-dehors je tirais les persiennes
Pour flâner un long temps, promeneur parmi
Mes souvenirs rangés en galerie ancienne.
Arthur Cravan, Soir triste

fantomas-en-cavale:

bartleby-company:

Arthur Cravan (1887-1918(…) the “citizen of twenty countries”

Un soir de solitude, un soir de pauvreté,

Où l’ennui, votre chien, à vos genoux s’allonge,

Tandis que le remords solitairement ronge

Votre coeur, ver qui ronge un fruit déjà goûté.

La nuit venait au paysage inconsolé,

Brumeusement confuse ainsi qu’aux yeux un songe,

Et son voile à la vitre effaçait tout mensonge.

C’était un soir d’octobre au visage voilé.

Chantonnant sur le vent, l’aïeule de l’automne,

Filait à son rouet l’averse monotone,

Tissant un ciel pensif et d’un gris endormi.

Sur la vie au-dehors je tirais les persiennes

Pour flâner un long temps, promeneur parmi

Mes souvenirs rangés en galerie ancienne.


Arthur Cravan, Soir triste

(Source : carov2, via derrierelasalledebains)

Dorénavant ?!

Fabian Lloyd le neveu d’Oscar Wilde autrement nommé : Arthur Cravan, n’est pas loin, pas très loin.
Au début du XX° siècle il cherchait la cadence, et il a embrassé, embrasé Berlin, Paris, New-York, Barcelone, Mexico, “plein d’un mélange d’éléphant et d’ange”.
il y avait avant lui un autre Arthur qui s’était dit en plein désespoir, qu’il attaquerait au dernier moment à droite, à gauche… Ne sachant si pour être là, maintenant, et demain, il lui faudrait feindre ou travailler, il a fait un choix vers la fin…
Mais, l’Arthur qui nous intéresse était outillé autrement, alors il se demandait simplement au petit matin : “Quel âme se disputera mon corps ?”
Il pouvait d’un instant à l’autre avoir la droite la plus percutante, ou le verbe le plus génial, et même les deux ensemble.
Si la boxe et la poésie sont ce qu’on lui connait comme médiums, elles ont fait de sa vie, une oeuvre, insolente, humaine, scandaleuse, avant-gardiste et contemporaine, comme on dirait à la notre d’époque.
Mais il rode encore …
Alors on dansera, on lira, on conférenciera, on boxera, parce que si l’on ne fait pas attention, «dans la rue, on ne verra bientôt plus que des artistes et l’on aura toutes les peines du monde à y découvrir un homme» et ça pourrait devenir triste.

Alain Wagner
janvier 2013

"Longtemps les poétes reviendront y boire comme à une source."Manuscrit de l’article d’André Breton sur Cravan 1942 pour la revue VVV

"Longtemps les poétes reviendront y boire comme à une source."
Manuscrit de l’article d’André Breton sur Cravan
1942 pour la revue VVV

Mina Loy

Elle suit des études artistiques à Munich puis s’installe à Paris en 1903, se marie, peint, rencontre toute la bohème et l’avant-garde artistique : Apollinaire, Picasso, Gertrude Stein.

De 1906 à 1916 elle vit et expose à Florence ou elle devient la muse des futuristes. Elle collabore avec Marcel Duchamp à New York, dans le petit cercle de Greenwich Village. Là, elle rencontre le poète boxeur Arthur Cravan lors d’une soirée chez le mécène Walter Arenberg. En janvier 1918, elle le rejoint à Mexico où ils se marient en avril. Lorsque Cravan disparaît dans des circonstances non élucidées au cours de l’automne 1918, elle se lance à sa recherche, d’abord en retournant en Angleterre où elle met au monde en avril 1919 leur fille, Fabienne Benedict Lloyd, avant de se rendre en Italie, à Florence, retrouver ses deux enfants nés d’un précédent mariage avec Stephen Haweis1.

Abandonnant ses recherches en 1923, elle s’installe et vit à Paris jusqu’en 1936 où elle devient agent artistique pour Braque, Chirico, Giacometti, Max Ernst, entre autres. Elle ébauchera le récit de sa vie avec Arthur Cravan dans un manuscrit intitulé Colossus qui fut publié aux éditions Champ Libre dans les Œuvres d’Arthur Cravan.

Ce sont ensuite de 1936 à 1953, à New York, des années de silence, de retrait, d’écriture. Elle se retirait parfois à Aspen dans le Colorado : c’est là qu’elle meurt en 1966.

(Source : Wikipédia)

mina

Jack Johnson

Jack Johnson est un boxeur américain né le 31 mars 1878 à Galveston, Texas, et mort le 10 juin 1946 à Raleigh, Caroline du Nord. Surnommé « le géant de Galveston », il fut le 1erchampion du monde poids lourds noir entre 1908 et 1915.

Johnson remporta son 1er titre le 3 février 1903 en battant “Denver” Ed Martin en 20 reprises pour le Colored Heavyweight Championship. Il défia alors le tenant du titre mondial, James J. Jeffries, mais ce dernier refusa le combat. Les boxeurs noirs pouvaient en effet boxer contre des blancs dans toutes les catégories à l’exception des poids lourds, la plus prestigieuse.

Jack Johnson brisa ce tabou en affrontant le 26 décembre 1908 le Canadien Tommy Burns à Sydney. Le combat dura 14 rounds, avant que la police n’intervienne pour l’interrompre. Les arbitres attribuèrent alors le titre à Johnson sur décision. De fait, Johnson avait puni son adversaire et l’avait mis KO technique. En 1909, il bat Victor McLaglen, Frank Moran, Tony Ross, Al Kaufman, et le champion des poids moyens Stanley Ketchel.

(Source: Wikipédia)

Jack

Arthur Cravan

Considéré, tant par les dadaïstes que par les surréalistes comme un des précurseurs de leurs mouvements, Arthur Cravan souleva le scandale partout où il passa.

Il est né Fabian Avenarius Lloyd, de Clara St-Clair Hutchinson (dite Nellie, ?-1934) et d’Otho Holland Lloyd (1856-1930), fils d’Horace Lloyd (1829-1874), conseiller de la reine Victoria. Fabian avait un frère aîné, Otho Lloyd (1885-1979) qui devint peintre1.

Il choisit probablement le pseudonyme d’Arthur Cravan en référence au lieu de naissance de sa fiancée Renée Boucher : Cravans, en Charente-Maritime.

Entre 1912 et 1915, à Paris, il est l’éditeur et le rédacteur unique de la revue Maintenant, dont il produit cinq numéros, mêlant critiques littéraires et artistiques aux excentricités et provocations de toutes sortes, préfigurant l’apparition imminente du mouvement dada.

Ainsi, ayant insulté la peintre Marie Laurencin, il publie le rectificatif suivant :

« Puisque j’ai dit : “En voilà une qui aurait besoin qu’on lui relève les jupes et qu’on lui mette une grosse … quelque part”, je tiens essentiellement qu’on comprenne à la lettre : “En voilà une qui aurait besoin qu’on lui relève les jupes et qu’on lui mette une grosse astronomie au Théâtre des Variétés”. »

Dans ce même article (« L’Exposition des Indépendants », Maintenant, numéro 4), Cravan s’en prit à tous les peintres médiocres et aussi à Guillaume Apollinaire qui lui envoya ses témoins.

Dans un article publié dans le numéro 2 de Maintenant, daté de juillet 1913, Cravan fait une description hilarante et iconoclaste de sa visite chez André Gide qu’il traite de « petite nature qui pèle aux mains blanches de fainéant. » En 1932, André Breton affirme dans une lettre qu’André Gide ne se relèvera jamais de ces quelques pages de critique désinvolte2.

Toujours à Paris, il annonça son suicide public, l’auditorium étant rempli de curieux. Il les accusa alors de voyeurisme puis fit une conférence exceptionnellement détaillée de trois heures sur l’entropie.

En 1915, il quitte la France en guerre et traverse l’Europe entière, muni de faux passeports, puis trouve refuge à Barcelone (1916) où il renoue avec la boxe en organisant un combat resté célèbre avec le champion du monde Jack Johnson qui le met KO au sixième round3.

Il s’embarque ensuite pour New York où il fait la connaissance de diverses personnalités, dont Marcel Duchamp4 et la poétesse Mina Loy, avec qui il vit une intense passion. Prenant pour modèle son mari disparu, elle commencera un roman, Colossus, resté inachevé. De leur union naîtra, en avril 1919, leur fille unique, nommée Fabienne Benedict. Les descendants d’Arthur Cravan vivent aujourd’hui à Aspen dans le Colorado.

Arthur Cravan disparaît au large du Golfe du Mexique en 1918, sans que son corps soit jamais retrouvé. La police mexicaine aurait fait état d’un corps d’homme abattu près de la frontière au bord du Rio Grande del Norte ; le signalement - blond cendré et très grand - pouvait correspondre à celui de Cravan.

André Breton, qui accordait une grande importance historique à la revue Maintenant pour avoir été la première dans laquelle certaines préoccupations extra-littéraires et même anti-littéraires aient pris le pas sur les autres2, affirme dans son Anthologie de l’humour noir qu’il est impossible de ne pas découvrir en Cravan les signes annonciateurs de Dada.

(Source : Wikipédia)

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Blaise Cendrars parle de Modigliani, Cravan, Maïakovski, …
( Source : Ina / Radio France )

Premier billet de ce blog,
qui est le journal de bord d’une création,
à suivre !